Rollerball CPC : le flipper MSX de HAL arrive sur Amstrad
Le flipper ne fait pas si souvent parler de lui dans l'actualité du homebrew rétro. Alors quand une table classique débarque soudain sur une machine qu'elle n'avait jamais connue, ça mérite qu'on s'y attarde. Rollerball CPC est sorti aujourd'hui et amène pour la toute première fois sur Amstrad CPC le flipper MSX de HAL Laboratory, paru en 1984.
Pour ceux qui n'ont pas grandi avec ces machines : le MSX était un standard d'ordinateur familial très populaire au Japon et dans une partie de l'Europe, tandis que l'Amstrad CPC était une gamme d'ordinateurs britanniques qui a particulièrement bien marché au Royaume-Uni, en France et en Espagne. Deux mondes différents, et désormais une table de flipper qui fait le pont entre les deux.
Un portage qui conserve le code d'origine
Le projet est signé par un développeur qui se fait appeler Oldschool is beautiful, et qui l'a réalisé avec l'aide de l'IA. Ce qui distingue Rollerball CPC, c'est la façon dont il a été conçu. Il ne s'agit pas d'un remake approximatif qui chercherait à retrouver l'ambiance de l'original. Le portage fait tourner directement le code d'origine du jeu sur le CPC.
Pour un flipper, ça change tout. Tout repose sur le comportement de la bille. En exécutant le code d'origine, le portage conserve exactement la physique de la bille et le gameplay authentique de la version MSX. Les amateurs de la sortie de 1984 devraient retrouver la table telle qu'ils s'en souviennent.
Tous les éléments familiers sont là. On retrouve la table sur plusieurs écrans, la mécanique d'origine des bumpers, les couloirs bonus et les systèmes de score. Rien n'a été rogné pour faire tenir le jeu sur un autre matériel.
Repensé pour l'Amstrad
Si le code sous le capot reste le même, la présentation a été entièrement revue pour s'adapter à l'architecture de l'Amstrad. Le portage reprend la résolution native du MSX, soit 256 x 192. Pour s'approcher de la palette de couleurs du MSX, le développeur a recours au tramage dans le Mode 1 du CPC, l'un des modes graphiques de la machine.
La table s'étend sur plusieurs écrans, et le portage passe d'une section à l'autre grâce à un défilement vertical fluide. L'affichage utilise aussi un double tampon, ce qui élimine le déchirement de l'image. Sur du matériel ancien, ce genre de finition ne va pas de soi.
Le son a eu droit au même traitement. La bande-son et les effets sonores d'origine ont été réarrangés pour la puce sonore du CPC, si bien que le jeu devrait sonner comme chez lui sur l'Amstrad, et non comme une pâle copie.
Ce qu'il faut pour jouer
Il y a toutefois un bémol. Rollerball CPC ne tourne pas d'emblée sur tous les modèles d'Amstrad. Il vous faudra un CPC 6128, ou un 464 ou 664 équipé d'une extension mémoire de 128K. Le jeu se joue au clavier comme au joystick.
À propos du recours à l'IA
La sortie s'accompagne d'une mention claire concernant l'IA. D'après celle-ci, l'IA a participé au code, aux graphismes, aux sons et aux textes du projet. Certains joueurs y attachent beaucoup d'importance, d'autres pas du tout. Dans tous les cas, c'est une bonne chose de le voir affiché ouvertement plutôt que caché quelque part.
Notre avis
Rollerball CPC s'inscrit parfaitement dans une tendance que nous voyons revenir sans cesse : des jeux qui débarquent sur des plateformes rétro qu'ils n'avaient jamais officiellement atteintes. Parmi les exemples récents, on peut citer Frogger Junior qui saute sur l'Amstrad GX4000 ou même Flashback qui arrive sur Atari ST. La scène MSX elle-même est bien active, avec des compétitions comme MSXdev26 déjà lancées.
Ce qui distingue ce portage, c'est le choix de faire tourner le code d'origine plutôt que de reconstruire le jeu de zéro. Cela laisse penser qu'on s'intéresse de plus en plus à la fidélité plutôt qu'à la réinvention, surtout pour des genres qui reposent sur la physique comme le flipper. L'usage assumé de l'IA est l'autre grand sujet de discussion. Il sera intéressant de voir si les portages assistés par IA comme celui-ci se multiplient dans la communauté homebrew, et comment les fans de rétro les accueilleront au fil du temps.
