Stockroom Syndrome : démo bêta, horreur en kit de nuit
La plupart d'entre nous ont déjà survécu à une virée dans un gigantesque magasin de meubles scandinave. Les flèches au sol qui n'en finissent pas, les salles d'exposition qui finissent toutes par se ressembler, ce sentiment diffus que vous ne trouverez jamais la sortie. Stockroom Syndrome prend ce léger malaise et le transforme en véritable horreur. Une démo bêta est désormais disponible sur Steam.
Le jeu se présente comme une simulation de job d'horreur où l'on monte des meubles en kit. C'est un peu long, mais ça résume bien le concept. Vous assemblez des meubles, vous aménagez des salles d'exposition et vous faites tout votre possible pour ne pas vous faire dévorer.
Bienvenue chez HØLM
L'action se déroule en décembre 1996. Vous venez de décrocher un poste de nuit chez HØLM, un immense magasin de meubles clairement calqué sur IKEA. Pour les lecteurs hors d'Europe : IKEA est l'enseigne suédoise célèbre pour vendre des meubles dans des cartons plats que les clients montent eux-mêmes, généralement avec une petite notice en papier et beaucoup de jurons.
Votre fiche de poste chez HØLM tient en trois points. Monter des meubles en kit. Aménager les salles d'exposition. Rester en vie.
C'est ce dernier point qui complique les choses. Des créatures démoniaques vous traquent dans les allées du magasin, et ces allées ne restent pas les mêmes. L'agencement est généré de manière procédurale, si bien que le magasin change d'une nuit à l'autre. Impossible de simplement mémoriser le chemin vers la sortie et de souffler.
Notices, assemblages et salles d'exposition
Le montage ne se résume pas à appuyer sur un bouton. Vous assemblez vous-même les meubles modulaires, en suivant les notices et en emboîtant les pièces une à une. Quiconque a déjà fixé une notice sans texte à minuit connaît ce sentiment.
Une fois un meuble monté, il rejoint une exposition. Pour terminer une salle, vous devez récupérer des articles dans différents rayons du magasin, notamment Électronique, Textile et Rangement. Ce qui implique d'arpenter le bâtiment, précisément là où vous n'avez aucune envie d'être.
La boucle de jeu est claire. Chaque course pour aller chercher une lampe ou un coussin est aussi une traversée en territoire hostile. C'est une manière astucieuse de relier les tâches presque cosy aux passages effrayants, et cela donne au jeu une énergie "bosser pendant que tout part en vrille" proche de celle de Mr. Records, avec beaucoup plus de sang.
Incidents récents sur le lieu de travail
HØLM n'est pas un endroit sain pour travailler. La liste des incidents ressemble à la pire note de service au monde. Les murs suintent un mystérieux liquide rouge. Des expositions entières prennent feu toutes seules. Des rochers enflammés surgissent du sol. Des hurlements inquiétants résonnent dans les couloirs. Et les mannequins n'arrêtent pas de bouger sans que personne n'explique pourquoi.
Je ne sais pas ce qu'ont les mannequins qui changent de position quand on ne les regarde pas, mais ce n'est jamais bon signe.
Au-delà de ces anomalies, il existe des menaces surnaturelles bien distinctes. Certaines errent librement dans le magasin. D'autres hantent des rayons précis, ce qui transforme certaines sections en endroits que vous voudrez éviter, même quand votre salle d'exposition a désespérément besoin de quelque chose qui s'y trouve.
Les phénomènes s'intensifient aussi. Le jeu complet est pensé comme une campagne de nuits de travail successives, et au fil de celle-ci, les tâches ordinaires sont censées virer à la lutte désespérée pour survivre. Monter une bibliothèque est nettement moins relaxant quand quelque chose hurle deux allées plus loin.
Premières impressions de la démo
L'article d'origine sur Alpha Beta Gamer était très positif. Il décrivait le jeu comme très prometteur, avec des mécaniques de montage satisfaisantes et intuitives. Il saluait aussi la variété des monstres et des anomalies, et estimait que le décor inspiré d'IKEA sonne juste. Il se concluait sur un jeu de mots franchement trop bon pour être ignoré : "there's no place like HØLM".
Une vidéo de gameplay accompagne la démo pour ceux qui veulent jeter un œil avant de pointer.
Notre avis
Stockroom Syndrome s'inscrit parfaitement dans une tendance que l'on observe régulièrement dans l'horreur indé. Prendre un métier du quotidien, lui donner des routines claires, puis laisser quelque chose dérailler terriblement autour. Le mélange d'une boucle de tâches tranquille et d'une menace permanente est devenu une formule populaire, et des démos comme Greedy ou Deadpact montrent à quel point les concepts d'horreur originaux suscitent de l'intérêt en ce moment.
Ce qui ressort ici, c'est le décor. Un grand magasin de meubles est immédiatement familier à un très grand nombre de joueurs, ce qui laisse penser que l'horreur pourrait frapper plus fort que dans un énième hôpital abandonné. L'année 1996 ajoute en plus une petite touche rétro.
Reste à voir si le montage restera amusant une fois la campagne plus longue. Les magasins procéduraux et la montée en puissance des phénomènes pourraient garder chaque nuit fraîche, mais la répétition est toujours un risque dans les jeux structurés en services. Pour l'instant, la démo est gratuite sur Steam, et elle semble facile à recommander à tous ceux qui se sont déjà perdus entre les canapés.
