Bêta de Kardiya: The Winds of Fate, RPG de dés façon Hamlet

Bêta de Kardiya: The Winds of Fate, RPG de dés façon Hamlet

Un père assassiné, un fils qui tourne le dos à tout ce qu'il a connu, et l'ombre de la vengeance qui plane sur l'ensemble. Si ça vous rappelle furieusement Shakespeare, c'est voulu. Kardiya: The Winds of Fate est un RPG narratif qui puise son inspiration dans Hamlet. Les inscriptions pour son playtest sont désormais ouvertes.

Le principe est simple, mais il se passe beaucoup de choses en coulisses. Chaque épreuve se joue sur un lancer de dés. Rater un jet ne met pas fin à votre partie. Il emmène simplement l'histoire ailleurs.

Un prince sans palais

Le héros s'appelle Ukral, un noble qui a tourné le dos à son ancienne vie après le meurtre de son père. Voilà pour le point de départ. Les amateurs du prince danois reconnaîtront tout de suite les grandes lignes, même si le jeu semble davantage s'intéresser à la suite du parcours d'Ukral qu'à recopier la pièce scène par scène.

Les développeurs expliquent que l'histoire est façonnée par ce qu'ils appellent le système FATE. Les détails ne sont pas encore tous dévoilés, mais l'idée générale est assez claire. Le voyage d'Ukral n'a rien d'un tracé figé. Il évolue au gré de chacune de vos décisions et de chaque jet qui tourne en votre faveur ou contre vous.

On sent aussi que quelque chose de plus grand se joue. D'après la description, d'innombrables possibilités dissimulent la vérité sur les vents du destin, et un seul chemin pourrait sauver tout le monde. C'est une promesse ambitieuse, et elle me donne envie de savoir qui se cache finalement derrière ce "tout le monde".

Laissez les dés décider

Au coeur de Kardiya, on trouve les dés Digoksin. Chaque fois qu'Ukral fait face à une épreuve, vous les lancez, et le résultat détermine la suite des événements.

Ce n'est pas pour autant une affaire de pure chance. Les jets dépendent des objets que vous transportez et des choix que vous avez faits en chemin. La préparation compte donc. Récupérez le bon équipement, prenez les bonnes décisions en amont, et les probabilités devraient pencher de votre côté au moment décisif.

J'ai toujours eu un faible pour les jeux qui laissent parler les dés. Il y a une vraie tension à regarder un jet s'arrêter en sachant que toute une scène en dépend. On a vu récemment une accroche similaire autour des dés dans la bêta coop de Chosen by Odin, et ça fait plaisir de voir l'idée refaire surface dans un cadre plus axé sur le récit.

L'échec comme carrefour

C'est ce qui m'a le plus accroché. Dans Kardiya, l'échec ne met jamais fin à l'histoire. Il la fait simplement bifurquer.

Pour un jeu basé sur les dés, ce n'est pas rien. D'habitude, un mauvais jet signifie recharger une sauvegarde ou tout recommencer, et ça peut vite gâcher le plaisir. Ici, un jet raté est censé ouvrir une autre branche plutôt que de vous claquer la porte au nez.

Même la mort n'est pas définitive. Quand Ukral meurt, il rejoint un royaume appelé Araf. De là, il peut revenir avec de nouveaux pouvoirs et tenter sa chance sur une autre voie. C'est une jolie variation sur l'écran de game over habituel, et elle colle bien au thème d'un destin qui vous bouscule, que ça vous plaise ou non.

Équipement, compagnons et secrets

La progression du personnage passe par l'équipement. Ce que vous portez façonne le personnage que devient Ukral, et comme les objets influencent aussi les dés, votre attirail joue un double rôle.

Vous ne voyagerez pas seul non plus. Kardiya propose des compagnons avec lesquels vous pouvez vous lier, et chacun cache ses propres secrets. Dans une histoire inspirée de Hamlet, je serais surpris que tous ces secrets se révèlent inoffensifs. La confiance risque d'être une question récurrente.

Comment participer au playtest

Les inscriptions au playtest sont ouvertes dès maintenant. Pour y participer, rendez-vous sur la page du jeu et cliquez sur le bouton "Request Access". Ensuite, lancez les dés et voyez où l'histoire vous mène.

Notre avis

Kardiya débarque en pleine saison chargée pour les bêtas de RPG narratifs. Des projets comme Durga: The Lionhearted s'appuient eux aussi sur de vieux récits et des mythes pour offrir aux joueurs des repères familiers. Emprunter à Hamlet est un choix malin. La plupart des gens connaissent les grandes lignes de cette tragédie, ce qui laisse au jeu toute latitude pour les surprendre par la façon dont il s'en écarte.

Le plus intéressant reste la manière dont il gère l'échec. Considérer un mauvais jet, voire la mort, comme une nouvelle branche plutôt qu'une impasse laisse penser que les développeurs veulent pousser les joueurs à avancer au lieu de rejouer sans cesse la même scène. La mécanique d'Araf flirte aussi avec la boucle "mourir, revenir plus fort, réessayer" autour de laquelle se sont construits des roguelites comme SACRATA.

Il faudra voir pendant le playtest si les dés paraissent équitables, et si les différents embranchements se distinguent vraiment les uns des autres. Si ces deux points tiennent la route, Kardiya pourrait bien convenir aux joueurs qui aiment les histoires qui réagissent à leurs choix, sans le stress de tout perdre sur un seul jet malchanceux.